Le mythe (et pas la mite svp)
Un peu de respect hein, cette meule là elle à mon âge…et même plus, elle a 2 mois de plus que moi.
Attention médamzéméssieurs let me introduce you ze faymousse top sports bike of ze sèventizzzzz…ze Kawasaki 750 H2 !!!
Eh oui, la meule de Jean Raoul Ducable himself, 3 cylindres, 2 temps, 70cv au vilo pour à peine 200 kilos et frein à disque avant et tambour Brembo serie or à l'arrière, rien que ça!!
Rigolez pas, y a 30 ans c’était l’équivalent d’une 1000 GSXR et ça vous enfumait tout ce qui bouge, au sens propre comme figuré (les fameux « cylindres à trous qui puent » du JBT, c’est elle !).
Autant dire que ce genre de brêle mythique ne se trouve pas à tous les coins de rue, mais grâce à la persévérance de mon cousing Pascal j’ai enfin l’occasion d’essayer cette noble pétoire!
Glaglagla
En guise de prise en main, je prendrai le guidon de la mémé en haut du col de Jau, en plein mois de Novembre.
C’est de ma faute, c’est moi qui ai demandé, et j’avoue que les premiers kilomètres à son guidon ont été un peu déstabilisants, il faut dire que je descendais de ma toute nouvelle 690 SM, moto facile à conduire par excellence.
En résumé, j’ai les mains gelées, c’est mouillé par terre, les virolos sont bien serrés, pas le droit de foutre une meule à 17k€ par terre, inutile de dire que j’avais vraiment un ryhtme de poireau de compétition.
Les commandes d’embrayage et de frein sont plus que viriles et le mordant exceptionnellement inexistant du frein avant me causera plusieurs petits coups de chaud en entrée de virage mouillé, note que ce genre de coup de chaud ne réchauffe pas et c’est bien dommage.
Détail marrant, un gros voyant rouge sur le tableau de bord indique quand on freine…mmmm…perso j’ai cru battre le record de panne rapide de Pascal dès mon premier freinage, mais non, mémé est de bonne humeur et marche du feu de dieu.
Ouf, arrivé en bas du col, je prends la mesure de ce moteur si particulier au bruit de mobylette dopée.
En fait le moteur est très doux, coupleux dès 3000 trs, sans creux dans l’arrivée de la puissance et avec une petite post-combustion aux alentours des 6000, en fait c’est marrant mais même si les 2 motos n’ont strictement rien à voir je trouve que le moteur fonctionne comme la 690 SM !!
Niveau partie cycle, la selle est un véritable canapé, mais je sens l’amortisseur bien mollasson, quant au train avant, j’avoue ne pas avoir eu le temps de décomplexer sur le gras mouillé et je n’ai pas eu bien l’occasion de tester le mode « joebar ».
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J’enroule du câble
Deuxième essai le lendemain, cette fois à une température clémente et sur une route sèche et viroleuse à souhait : Lodève – Ganges.
Et là enfin j’ai pu me faire plaisir au guidon de l’ancienne, le grip des BT45 était parfait, les virages s’enfilaient comme des perles et le train avant faisait merveille sur la portion lisse montant au cirque de Navacelles.
En fait, cette moto s’apprécie à rythme enroulé, en prenant raisonnablement de l’angle, avec un peu de vitesse en entrée de courbe, en léger sous-régime en sortie, rapidement compensé par la douceur et les reprises étonnantes du gros 2 temps.
Et même si on n’a pas envie de changer de vitesse, la kawa permet d’allonger avec conviction jusqu’à 7000 (après c’est forbidden, qu’il a dit Pascal).
Le châssis est effectivement loin du saucisson auquel on aurait pu s’attendre, il inspire beaucoup de confiance, notamment au niveau du train avant (la marque de fabrique des kawas ?).
Il faudra par contre composer avec les 2 ressorts arrières qui servent d’amortos, en fait c’est comme si on était en perpétuelle oscillation du cul…une gentille oscillation, mais de temps en temps on aimerait bien que ça arrête de gigoter en ligne droite.
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Un sacerdoce... ?
Oui quand même par certains points, il faut bien reconnaître que mémé pousse un peu le bouchon, et pour commencer, on peut parler de celui du réservoir qui ne restera pas bien longtemps fermé à cause de sa gloutonnerie indécente !
Cette diva avale sans complexe ses 14l/100, sans compter les litrons d’huile nécessaires à sa lubrification.
…litrons d’huile qui seront par la suite délicatement saupoudrés sur les collègues de derrière une fois la moto mise en route, ça c’est une meule qui enfume tout ce qui roule, au sens propre (enfin propre..).
Toujours au passage à la pompe, il faudra faire preuve d’une grande sociabilité et d’une grande patience car chaque plein vous prendra en moyenne 30 minutes :
- 2 minutes pour remplir le réservoir d’essence
- 5 minutes pour sortir sa petite bouteille d’huile du sac à dos et doser scientifiquement dans le réservoir
- Et enfin 23 minutes à écouter poliment tous les vieux tarmos qui viennent te tenir la grappe à te demander si ta moto est bien d’origine, puis qui t’énumèrent consciencieusement toutes les motos qu’ils ont eu dans leur carrière…marrant au début mais vite relou.. !
Au final une moto qui demande une bonne dose de motivation (et de pognon) pour qui veut réellement s’en servir, qui se révèle assez exigeante en entretien mais qui au final délivre des sensations moteur plus qu’exotiques et finit par révéler de belles qualités d’enrouleuse rapide pour peu qu’on prenne le temps de faire sa connaissance.
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